samedi 25 février 2012

Vendredi 24 Février


Comme prévu, c’est à la réserve naturelle de Nazinga que nous allons passer la journée. M. Parkouda nous a spécifié d’être prêts pour 5h30, pour partir aux aurores. En effet, la route est longue jusqu’au site car 150 km de route burkinabè nous séparent de notre destination. Levés à 5h donc, nous émergeons tant bien que mal dans la fraîcheur du matin. Passés les 6h, notre ami n’est toujours pas là, et malgré nos appels, celui-ci n’arrive que sur le coup des 8h… Nous apprenons alors qu’un voyage d’affaires l’a retenu à Bobo Dioulasso à l’Ouest du pays. Celui-ci, en retard sur sa journée de travail, nous expédie à bord d’un pick-up conduit par Alassane, notre chauffeur de la journée.

Une fois le réservoir du 4x4 plein, nous filons sur le bitume de la « voie rapide », qui se révèle être, en fait, une deux fois une voie séparés par une ligne discontinue délavée. Théoriquement limitée à 50 km/h, l’autoroute nous voit foncer à 150 km/h, zigzagant entre les camions surchargés, les bus bondés jusqu’au toit, les cyclistes ou encore les ânes charriant des carrioles de fortune. Alassane, armé de son klaxon, frôle les gens sur le bas côté pour nous mener à destination (à ce moment-là, nous utilisions le conditionnel…).

Au bout d’une heure et demie, nous nous retrouvons bloqués par un gendarme à la kalachnikov bien en vue. Le pont situé quelques mètres plus loin est en pleine réfection pour le passage d’un convoi exceptionnel pour une centrale électrique. Le long de la route en plein  soleil, où attendent, entre autre, un camion rempli de bovins, nous errons tuant le temps à coup d’aller-retour sur l’asphalte brulant. Au bout d’une heure, les militaires nous font enfin signe de circuler et nous pouvons traverser le pont.  Nous sommes encore à 50 km de la réserve.
5 km plus loin, le goudron s’arrête pour laisser place à une piste. Nous croisons alors un groupe de nomades se déplaçant à dos de dromadaires. Après avoir pris une photo, le chef nous demande une piécette que nous lui donnons.

« Dieu n’a qu’à te rembourser » - un nomade

Dès lors, sur la piste nous n’avions plus rien à envier à nos camarades du 4L Trophy, puisque les dos-d’âne enchainaient sur les nids de poules (voire d’autruche) nous chahutant dans le Mitsubishi. Arrivés au portail de la réserve, l’employé nous montre un barème de facture, détaillant les prix pour les locaux et les étrangers, multipliant la note par cinquante le cas échéant ! Sont aussi comptés le port d’appareils photos, l’utilisation d’ULM ou d’aéronef (ils sont prudent les africains !). Il nous reste 35 km à parcourir pour atteindre le cœur de la réserve. Sur le chemin nous croisons déjà des éléphants, déambulant ou se prélassant dans une mare, pendant que nous suons dans un pick-up à peine climatisé. Un guide nous a été détaché pour la visite. Donc, aventuriers, nous montons dans la benne du 4x4, pour être au vif de l’action.

« Le mâle a des cornes mais pas la femelle » - notre guide, sur les ourébis.

Après quelques problèmes d’équilibre sur la route cahoteuse, nous trouvons notre position et apprécions à sa juste valeur la nature environnante. Notre accompagnateur à l’œil acéré détecte pour nous la moindre trace de faune dans la savane. Sortant sa tête scarifiée (par son ethnie natale) de la fenêtre du passager pour nous expliquer le comportement de tel ou tel animal, et bien sûr nous donner le nom des stars de la journée. Le site comptant plus de 600 éléphants, nous en croisons logiquement beaucoup. Mais se montrent aussi, en dépit de la chaleur (40°C à l’ombre), des cobs de Buffon et des ourébis (sortes d’antilopes), des babouins, des cobs Defassa (petit buffle), des phacochères, des martins pêcheur et bien d’autres espèces encore.

Au détour d’un virage, nous croisons un éléphanteau encadré de ses deux parents. Ceux-ci jugeant la trajectoire de notre tout-terrain trop menaçante, ont commencé à nous charger. Notre guide cria donc sur Alassane pour lui dire d’accélérer pour s’éloigner du couple anxieux ! Notre chauffeur n’attendait que ça et s’engage dans un rallye, finissant par une embardée pour faire demi-tour. Nous avons fini secoués et empoussiérés, mais indemnes !

Après avoir parcouru les chemins tortueux de la réserve, nous partons affamés en quête d’un déjeuner … à 17h. C’est à la frontière du Ghana que nous trouvons notre bonheur. L’encas vite avalé, nous repartons vers Ouagadougou, où M. Parkouda nous attend à 19 h pour dîner. Alassane, là encore, avale la route sur un disque usé par une journée d’écoute (au bas mot, six musiques sur le CD…). Sur le coup des 18H40 nous arrivons à l’auberge. Il nous reste 5 minutes chacun pour nous décrasser de la poussiéreuse journée que nous venons de passer. Arrivé aux alentours de 22 h, M. Parkouda nous a emmené au restaurant où nous avons échangé jusque tard dans la nuit, puis nous aramené à notre auberge vers 1h du matin.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire