Comme
prévu, c’est à la réserve naturelle de Nazinga que nous allons passer la
journée. M. Parkouda nous a spécifié d’être prêts pour 5h30, pour partir aux
aurores. En effet, la route est longue jusqu’au site car 150 km de route
burkinabè nous séparent de notre destination. Levés à 5h donc, nous émergeons
tant bien que mal dans la fraîcheur du matin. Passés les 6h, notre ami n’est
toujours pas là, et malgré nos appels, celui-ci n’arrive que sur le coup des
8h… Nous apprenons alors qu’un voyage d’affaires l’a retenu à Bobo Dioulasso à
l’Ouest du pays. Celui-ci, en retard sur sa journée de travail, nous expédie à
bord d’un pick-up conduit par Alassane, notre chauffeur de la journée.
Une
fois le réservoir du 4x4 plein, nous filons sur le bitume de la « voie
rapide », qui se révèle être, en fait, une deux fois une voie séparés par
une ligne discontinue délavée. Théoriquement limitée à 50 km/h, l’autoroute nous
voit foncer à 150 km/h, zigzagant entre les camions surchargés, les bus bondés
jusqu’au toit, les cyclistes ou encore les ânes charriant des carrioles de
fortune. Alassane, armé de son klaxon, frôle les gens sur le bas côté pour nous
mener à destination (à ce moment-là, nous utilisions le conditionnel…).
Au
bout d’une heure et demie, nous nous retrouvons bloqués par un gendarme à la
kalachnikov bien en vue. Le pont situé quelques mètres plus loin est en pleine
réfection pour le passage d’un convoi exceptionnel pour une centrale
électrique. Le long de la route en plein
soleil, où attendent, entre autre, un camion rempli de bovins, nous
errons tuant le temps à coup d’aller-retour sur l’asphalte brulant. Au bout
d’une heure, les militaires nous font enfin signe de circuler et nous pouvons
traverser le pont. Nous sommes encore à 50 km de la réserve.
5 km
plus loin, le goudron s’arrête pour laisser place à une piste. Nous croisons
alors un groupe de nomades se déplaçant à dos de dromadaires. Après avoir pris
une photo, le chef nous demande une piécette que nous lui donnons.
« Dieu
n’a qu’à te rembourser »
- un nomade
Dès
lors, sur la piste nous n’avions plus rien à envier à nos camarades du 4L
Trophy, puisque les dos-d’âne enchainaient sur les nids de poules (voire
d’autruche) nous chahutant dans le Mitsubishi. Arrivés au portail de la
réserve, l’employé nous montre un barème de facture, détaillant les prix pour
les locaux et les étrangers, multipliant la note par cinquante le cas
échéant ! Sont aussi comptés le port d’appareils photos, l’utilisation
d’ULM ou d’aéronef (ils sont prudent les africains !). Il nous reste 35 km à parcourir pour atteindre le cœur de la réserve. Sur le chemin nous
croisons déjà des éléphants, déambulant ou se prélassant dans une mare, pendant que
nous suons dans un pick-up à peine climatisé. Un guide nous a été
détaché pour la visite. Donc, aventuriers, nous montons dans la benne du 4x4, pour
être au vif de l’action.
« Le
mâle a des cornes mais pas la femelle » - notre guide, sur les ourébis.
Après
quelques problèmes d’équilibre sur la route cahoteuse, nous trouvons notre
position et apprécions à sa juste valeur la nature environnante. Notre
accompagnateur à l’œil acéré détecte pour nous la moindre trace de faune dans
la savane. Sortant sa tête scarifiée (par son ethnie natale) de la fenêtre du
passager pour nous expliquer le comportement de tel ou tel animal, et bien sûr
nous donner le nom des stars de la journée. Le site comptant plus de 600
éléphants, nous en croisons logiquement beaucoup. Mais se montrent
aussi, en dépit de la chaleur (40°C à l’ombre), des cobs de Buffon et des
ourébis (sortes d’antilopes), des babouins, des cobs Defassa (petit buffle),
des phacochères, des martins pêcheur et bien d’autres espèces encore.
Au
détour d’un virage, nous croisons un éléphanteau encadré de ses deux parents.
Ceux-ci jugeant la trajectoire de notre tout-terrain trop menaçante, ont
commencé à nous charger. Notre guide cria donc sur Alassane pour lui dire d’accélérer
pour s’éloigner du couple anxieux ! Notre chauffeur n’attendait que ça et
s’engage dans un rallye, finissant par une embardée pour faire demi-tour. Nous
avons fini secoués et empoussiérés, mais indemnes !
Après
avoir parcouru les chemins tortueux de la réserve, nous partons affamés en
quête d’un déjeuner … à 17h. C’est à la frontière du Ghana que nous trouvons
notre bonheur. L’encas vite avalé, nous repartons vers Ouagadougou, où M.
Parkouda nous attend à 19 h pour dîner. Alassane, là encore, avale la route sur un
disque usé par une journée d’écoute (au bas mot, six musiques sur le CD…). Sur le
coup des 18H40 nous arrivons à l’auberge. Il nous reste 5 minutes chacun pour
nous décrasser de la poussiéreuse journée que nous venons de passer. Arrivé aux alentours de 22 h, M. Parkouda nous a emmené au restaurant où nous avons échangé jusque tard dans la nuit, puis nous aramené à notre auberge vers 1h du matin.
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