Tanghin
Dassouri nous voila ! Mais avant, nous avons exécuté un petit crochet par
l’aéroport : « WANTED ‘La petite valise verte pomme’ - Pleine ou vide ! ».
Nous sommes en effet toujours sans nouvelle du bagage de Camille, après 8 jours
de recherche.
Dans le recueillement, nous avons pris la route de Tanghin pour visiter l’antenne d’A.LA.VI. basée dans ce petit village. C’est Moumouni lui-même, fondateur de l’association, qui a créé et administre aujourd’hui ce centre. Ces bureaux ont la particularité d’avoir eu beaucoup de partenariat avec la France que ce soit pour des approvisionnements en médicaments ou en fourniture scolaire pour les orphelins.
« Vous
êtes pas fous !? Il fait chaud au Burkina ! » - Notre retraitée à propos
d'un retour en France
Escortés
par Moumouni dans son fief, nous nous sommes arrêtés à l’entrée de la ville pour
qu’il nous présente une jeune retraitée française avec laquelle il avait déjà
travaillé et qui s’est installée à Dassouri pour ouvrir un foyer accueillant
les enfants des villages ruraux alentours en âge d’aller au collège. Elle leur
permet ainsi d’avoir un accès plus simple à l’éducation, mais avant tout, de
bénéficier d’un confort indispensable pour étudier (du calme, de la lumière, un
bureau). Afin de financer son projet, celle-ci a ouvert un restaurant. Ainsi,
ses jeunes apprentis cuisiniers peuvent se former et aussi générer des fonds pour
nourrir et loger les pensionnaires.
Tous
remontés dans la Mercédes aux sièges de cuir brulant, nous arrivons, dans un
nuage de poussière, sur le parking de la mare aux crocodiles sacrés. A l’entrée,
on nous propose des poulets. Non pas pour les manger cette fois, mais pour les donner
en festin aux dangereux reptiles. Un homme, muni d’un bâton, agite la poule désespérée
au dessus de la gueule menaçante des bêtes afin de les rapprocher de nous. D’un
signe de main, il nous invite à nous asseoir sur l’un d’eux. Petit moment d’hésitation
avant un pic d’adrénaline (ou d’inconscience, à vous de voir !). Enfin,
chacun des membres a gardé les siens ! Notre guide a ensuite jeté la poule
au milieu du lac pour laisser place à un déchainement "crocodilien" en règle. Une
fois la poule dévorée, nous sommes allés visiter le village des artisans
jouxtant la mare.
« J’ai
12 femmes et 55 enfants »
- le chef du village
Nous
avons croisé un vieil homme tissant le coton « à l’ancienne », un
vendeur de tam-tam, un singe acrobate mais ficelé à son arbre ainsi que des
tortues de poche. Moumouni a ensuite tenu à nous présenter le chef du village
qui se trouvait être le village natal de notre guide. Le patriarche entouré de
son « conseil » siégeait à l’ombre d’un baobab. Même si la tradition
veut que l’on se déchausse pour saluer le chef, celui-ci, peu à cheval sur les
traditions nous met tout de suite à l’aise. L’homme au visage buriné et au
sourire disparate ne parle pas français, mais communique par le biais de ses
suiveurs. Le village n’est quasiment habité que par ses enfants puisque sa
fertilité lui a permis d’en faire plus d’une demi-centaine. Il a, par le passé,
collaboré avec Alain Jupé, et est le propriétaire de la ferme aux crocodiles.
Sentant la fin arriver, il s’est fait construire une statue à son effigie chevauchant
fougueusement un étalon, d’environ 5 mètres. Il a aussi terminé de construire sa
propre sépulture (ça c’est de la prévoyance retraite !).
Dès
lors, nous avons pris congé du chef pour visiter une fabrique de beurre de
Karité. Moumouni nous en a expliqué le processus avant que nous en achetions
quelques kilos pour notre retour au bercail !
Sur
ces entrefaites, nous sommes passés à l’association pour renégocier et régler
le devis de la bibliothèque. Nous avons profité de l’occasion pour glisser un
mot à nos amis sur la probable poursuite du projet par un groupe de première
année de notre IUT.
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